Info : Brasse
LA BRASSE
L'originalité de ce style de nage tient au fait qu'elle possède le plus court trajet moteur des bras et nécessite la mise en jeu d'une puissance musculaire et d'une accélération importantes pour compenser la brièveté du trajet.
Nage ventrale simultanée et symétrique, la propulsion est assurée aussi bien par les bras que par les jambes. Le fait que les distances nagées en compétition soient courtes souligne la difficulté de poursuivre un effort maximal au delà de 200 mètres avec ce mode de déplacement.
C'est sans doute la nage la plus technique, celle qui est apprise en dernier, mais paradoxalement celle qui est la plus utilisée par les "baigneurs" et les MNS au bord du bassin, car elle permet de conserver le référentiel visuel, propulsif et respiratoire du terrien.
Les championnats du monde à Rome ont vu la généralisation de la brasse dauphin au cours de laquelle les hanches s'enfoncent alors que les épaules et une partie du buste émergent vers le haut et l'avant au moment d'inspirer. L'immersion de la tête accentue l'amplitude de ce redressement. A cette tendance peut s'ajouter le retour permis des bras au-dessus de l'eau. On a pu observer l'amorce d'une ondulation des jambes précédant le retour de celles-ci. Avec la plongée rapide du buste vers l'avant, l'ondulation générale du corps est manifeste.
De façon imagée, le trajet des bras a la forme d'un coeur arrondi à l'envers. Le trajet est bref, réclamant une forte accélération dans sa première moitié. Il se décompose en trois balayages après l'appui des mains : vers l'extérieur, le bas et l'intérieur. Progressivement les coudes se fléchissent, agissant comme un axe autour duquel les mains tournent à la manière d'une hélice. Durant tout le trajet, les mains précèdent les coudes. La phase motrice dure 1/7ème du temps du retour des bras vers l'avant.
Le mouvement des jambes, appelé aussi fouetté, a la forme de la rotation de l'hélice. L'axe est le genou autour duquel s'opèrent chronologiquement trois balayages : extérieur, bas, intérieur. Cette phase est suivie d'un temps de glisse où le nageur place parfois une ondulation, puis s'opère le retour des jambes. Le temps moteur dure 1/5ème du cycle des jambes. Les chevilles placées en éversion, permettent aux orteils d'être le bord d'attaque de l'hélice. Sur le plan anatomique, le fouetté s'opère par une rotation interne du genou.
C'est la succession dans le temps des actions jambes - bras qui détermine la coordination adoptée par le nageur : l'objectif est de réduire le trou moteur. Sur 50 et 100 mètres, les actions propulsives se superposent.
En effet, le premier balayage des bras débute lors de la fin du fouetté. Il ne subsiste plus qu'un seul trou moteur car la glisse est très réduite. La fréquence des bras augmente, mais dévoreuse d'énergie, ce type de coordination n'est pas totalement adopté sur 200 mètres.